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Retour vers l’Afrique


Il y a 525 ans

Les terres américaines tremblent. Les premiers Colomb des Caraïbes tombent sur le peuple Taïnos. Les Colomb avouent avoir fait la rencontre d’un peuple civilisé et d’une courtoisie qui leur était alors impensable. Les Taïnos payent un fort prix pour cette courtoisie. Le même sort est réservé au peuple Selknam qui vivait tout au bout de l’Amérique du sud. Nous leur devons de garder à l’esprit que le nouveau monde a déjà eu un ancien visage. Arrivés d’un autre paradis sur terre, des petits hommes et des petites femmes chassaient, cueillaient et chantaient à la grandeur de l’Amérique. Les Vikings, premiers Européens d’Amérique, les identifiaient par le terme Skraeling.


Il y a 5000 ans

Une population provenant de la Mongolie arrive en Amérique. Ils font la rencontre d’une autre population déjà bien installée. Des petits hommes et des petites femmes. On raconte que le peuple Hiung-nu de la Mongolie était en conflit avec l’empereur Huang Di de Chine. Après avoir perdu la guerre face à l’armée de l’empereur de Chine, les Hiung-nu quittent l’Asie pour s’aventurer vers ce qu’on a appelé le nouveau monde. Ils traversent le détroit de Béring à la marche pour se rendre en Amérique du Nord. Une première vague de Mongols arrive il y a 5000 ans. Une deuxième vague fait irruption il y a 1250 ans. On estime à 20,000 le nombre de Mongols ayant fait la traversée vers l’Amérique. Étant beaucoup moins nombreux que ces étrangers vénus de l’Asie de l’est, la première population d’Amérique voit son sang se mélanger avec celui des Mongols. Or, la population amérindienne d’aujourd’hui est majoritairement le résultat de l’union d’une population ancienne, de petite taille, avec une population mongolienne.


Il y a 40,000 ans

Des humains de petite taille, à la peau noire, arrivent en Europe. L’Europe à cette époque, tout comme l’Amérique du nord, était couverte de glace. Petits et petites profitent d’une période de dégel pour passer à l’Europe en empruntant de détroit de Gibraltar. C’est lors de son séjour en Europe que l’apparence des humains change subtilement. Le plus visible est de voir l’eumélanine de sa peau chutée. Ainsi, la peau blanche est devenue une caractéristique physique dominante en Europe. Tout de même, gardons à l’esprit que la couleur blanche de peau est une adaptation environnementale nouvelle. Elle est apparue il y a seulement 5000 ans en Europe. Avant cela, pratiquement tous les humains sur terre avaient une couleur de peau passant du brun au noir.

La question qui reste à poser est comment la couleur blanche de peau a conquis l’Europe. La réponse est simple : la génétique. Les populations de chasseurs-cueilleurs au centre et au sud de l’Europe étant majoritairement de peau noire, celles plus lointaines au nord étaient porteuses des gènes pour la peau blanche, les yeux bleus et les cheveux blonds. On parle d’il y a environ 8000 ans. Durant la même période, un peuple d’agriculteurs complètement à l’est de l’Europe pénètre le centre et le sud. Eux aussi étaient porteurs des gènes pour la couleur blanche de peau. Et dans les prairies russes, plus précisément dans les steppes au nord de la mer Noire, se trouvait un autre peuple d’agriculteurs du nom d’Yamnaya. Il avait la caractéristique d’être de grande taille, d’être tolérant au lactose et de posséder une peau de couleur blanche. Or, les Yamnaya migrent massivement vers le sud et le centre de l’Europe il y a 4500 ans, introduisant du coup leurs gènes au sein de la population européenne. Les Yamnaya auraient même migré vers l’Asie, notamment vers l’Inde.

Les petits humains n’auraient pas pensé que la couleur noire de leur peau serait devenue un désavantage dans le climat nord-européen. Le soleil tapant nettement moins sur la tête de l’Europe. Or, les populations à la peau blanche ont l’avantage de mieux capter les rayons de soleil UVB. La vitamine D, si essentielle, est produite quand la peau est exposée aux UVB. Sur une base alimentaire, la consommation régulière de poissons par les chasseurs-cueilleurs leur permettait de garder un bon niveau de vitamine D. Par contre, l'apparition d'un régime alimentaire basé sur l’agriculture a entrainé une carence en vitamine D. Pour pallier à cela, les gènes responsables de la couleur blanche se sont vite répandus à travers l’Europe.


Il y a 80,000 ans

L’humain moderne décide de quitter son lieu de naissance, l’Afrique. Une période d’instabilité climatique l’aurait poussé à rechercher d’autres paradis sur terre. On peut trouver au sud de la Chine des traces de cet ancêtre africain. En effet, on y découvre des dents humaines datant d’environ 80,000 ans. Des secrets africains se cachent aussi en Australie et en Nouvelle-Guinée. Dans ces pays vivent des peuples aborigènes dont l’analyse génétique montre que tous les humains sur terre descendent du même ancêtre, un ancêtre ayant quitté l’Afrique il y a 50,000 à 80,000 ans. De plus, la découverte d’un crâne dans la grotte de Tam Pa Ling au Laos indique que notre ancêtre aurait migré rapidement vers l’Asie du sud. Le crâne africain date de 60,000 ans.

Les premières populations d’Asie étaient africaines. Les Andamanais en sont la preuve vivante (regarder la vidéo ci-dessous). Les traits qui nous voyons différents chez les Asiatiques sont apparus il y a 30,000 ans en Chine. Une mutation génétique aurait affecté la texture des cheveux, la structure dentaire et la grosseur des seins. On trouve cette mutation principalement chez les populations d’Asie de l’est et les populations amérindiennes. Les Asiatiques auraient aussi été marqués par l’arrivée d’Européens à la peau blanche il y a environ 4500 ans. Néanmoins, derrière les yeux de certains peuples d’Asie se cachent toujours l’âme de cet ancêtre qui venait d’Afrique.

Les Africains ne se sont pas contentés d’aller au sud de l’Asie, ils ont en plus rejoint le sud de l’Amérique. Tout indique que les Africains sont arrivés au Brésil il y a 56,000 ans, bien avant qu’ils posent les pieds sur l’Europe il y a 40,000 ans. Les petits Africains auraient navigué directement de l’Afrique à l’Amérique du Sud, soit la distance la plus courte entre l’ancien monde et le nouveau monde. L’arrivée par bateau serait la raison pour laquelle les Africains étaient si peu nombreux en Amérique. Contrairement à la marche des Mongols qui leur a permis d’arriver en plus grand nombre. En Amérique du Nord, on soupçonne que les Africains y seraient arrivés il y a 51,000 ans. Logiquement les petits Africains seraient remontés graduellement du sud de l’Amérique vers le nord. Les Mongols ont bien fait l’inverse, soit descendre de l’Amérique du Nord vers le sud. En Amérique, les pyramides sur le site de Teotihuacan au Mexique tout comme le tumulus à L'Anse Amour au Canada sont des héritages africains.


Il y a 200,000 ans

L’humain moderne, celui que nous sommes aujourd’hui, apparaît en Afrique. Ces humains modernes ont une palette de peau allant du brun clair au noir foncé. Ils donneront naissance à plusieurs groupes de populations en Afrique et à travers le monde. Les plus importantes d’entre elles sont les populations de chasseurs-cueilleurs d’Afrique du Sud, soit les ancêtres du peuple Khoïkhoï et du peuple San. Ces peuples sont habituellement désignés par le terme Khoisan. Aujourd’hui dépassés en nombre par les populations africaines Bantou, les Khoisan ont déjà été le plus grand groupe d’humains sur terre. On peut distinguer les Khoisan, particulièrement les San, par leurs yeux bridés. D’autres populations de chasseurs-cueilleurs vont migrer vers le centre de l’Afrique. De celles-ci se distingue une population de petite taille apparentée au peuple Mbuti du Congo. Les ancêtres des Khoisan et des Mbuti ont quitté l’Afrique il y a environ 80,000 ans.

Tous les chemins mènent à l’Afrique.








À lire aussi:

Une nouvelle étude nous remontent à 300,000 ans


Références :

The First Americans Were Africans: Documented Evidence. David Imhotep. AuthorHouse; 2.2.2011 edition (March 4, 2011)

Genomic analysis of Andamanese provides insights into ancient human migration into Asia and adaptation. Nat Genet. 2016

Khoisan hunter-gatherers have been the largest population throughout most of modern-human demographic history. Nat Commun. 2014

The First Modern Human Dispersals across Africa. PLoS One. 2013

Early Modern Humans and Morphological Variation in Southeast Asia: Fossil Evidence from Tam Pa Ling, Laos. PMID: PLoS One. 2015

Modeling Recent Human Evolutionin Mice by Expression of a Selected EDAR Variant. Cell. 2013

The Simons Genome Diversity Project: 300 genomes from 142 diverse populations. Nature. 2016

The earliest unequivocally modern humans in southern China. Nature. 2015





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