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Mère nuit-elle à la femme?


D’une société à une autre, la sexualité humaine semble avoir toujours été encadrée. 

Encadrée par qui? Et encadrée pour qui? 


Alors que les hommes trouvent des failles sociales qui leur permettent de jouir pleinement de leur membre, les femmes se limitent aux joies que procure la maternité. Nous tombons sous le charme du mec qui étale une profonde admiration envers sa mère. C’est en effet d’elle que provient sa vie. Son rôle de mère fait d’elle un être plus digne. Et cette dignité doit être préservée à tout prix. Il reste qu’être mère n’est qu’un des divers rôles joués par une femme. Nous devons nous préparer à jouir du moment où les hommes verront les mères comme de simples femmes, de simples femmes sexuées.

Remontons à plus de 6000 ans pour observer comment les peuples africains célébraient la fin de la puberté. Au cours d’un rituel qui avait lieu entre 18 et 21 ans, le garçon se faisait couper le prépuce (la circoncision) alors que la fille se faisait couper le clitoris (l’excision). La circoncision avait pour objectif de retirer le dernier vestige féminin chez le garçon. À l’inverse, le dernier vestige masculin chez la fille était retiré par le processus de l’excision. Une logique spirituelle qui était de prévenir la confusion sexuelle chez l’individu. Il était donc important de clairement distinguer un homme d’une femme. Selon le professeur Diop, la civilisation de l’ancienne Égypte pratiquait aussi le rituel de la circoncision et de l’excision. Comme elle a été la plus influente civilisation de l’histoire, il n’est pas étonnant que ces traditions se soient transmises aux peuples d’hier à aujourd’hui. D’ailleurs, nos cœurs se lèvent à force de constater que ces rituels archaïques se pratiquent toujours. D’autant plus que ces actes sans fondement médical sont désormais infligés aux petits enfants. Ce qui soulève le problème des traditions qui ne sont pas remises en question. Elles finissent par être transmises avec toute l’ignorance qui s’y colle. On peut faire du patinage intellectuel en faveur des intentions spirituelles reliées à la circoncision et à l’excision, mais on ne peut pas fermer les yeux sur les effets dévastateurs pour les femmes. La circoncision du garçon peut être qualifiée de barbare ou d’inutile, mais elle n’empêchera pas l'homme d’atteindre l’orgasme. Or, découper le clitoris de la fille va tuer la sexualité de la femme.

S’il y en a une qui a compris la sexualité de la femme, c’est bien Betty Dodson. L’éducatrice sexuelle ne se lasse pas de nous dire que l’orgasme sexuel chez une femme passe essentiellement par la voie du clitoris. En fermant cette voie, on ne laisse place qu’à la procréation. En d’autres termes, l’excision permet aux femmes d’occuper la position de mère à part entière. De mémoire d’homme, les femmes n’ont jamais revendiqué un tel traitement de faveur. Elles n’ont toutefois pas la force physique pour s’en dissocier. Étonnamment, ce sont les grands-mères qui se portent gardiennes de cette tradition. C’est qu’une personne blessée ne peut que blesser une autre. Et derrière ce cycle vicieux se cache le manque de courage et l’insécurité des hommes. Il faut  demander à ces hommes ce qui les effraie tant chez la femme au point de la trancher à vie? Son argument de la Mère ne tient pas la route. Eux-mêmes Pères, s’occupent de leurs enfants, et n’ont aucune honte à jouir pleinement de la sexualité humaine. Redoutent-ils qu’une mère libre d’être une femme ait une liberté de choix. Ces hommes ont-ils le courage d’entrer en compétition pour assouvir le plaisir des femmes.

Les sociétés dites évoluées ne pratiquent pas l’excision des filles. Elles sont plutôt retranchées dans l’hypocrisie. Qu’on s’y soumette ou pas, ce qui reste de nos religions encadre toujours notre sexualité. Cet encadrement qui ne cesse d’être transmis comme une mauvaise habitude. Les hommes veulent marier une Marie. Ces mêmes hommes qui tombent durs pour la porno star de moment. Entre-temps, les mères apprennent à se libérer lentement mais sûrement. Elles voudraient bien être la star d’un seul homme. Elles prient pour en trouver un qui en ait la maturité.



Mutilation génitale féminine (FGM) ou l'excision dans le monde. Selon un rapport de l'UNICEF en 2013.


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Combien de femmes en Ontario vivent avec les conséquences de l’excision?

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